Récit de Syriens - Famille Osman

La famille Osman vient de la ville d’Alep et est d’origine kurde. Par crainte des militants arabes, ils se sont réfugiés à la campagne. Les enfants ne pouvaient plus aller à l’école et, sans revenus, les parents ne pouvaient plus subvenir aux besoins de la famille. Ils se sont alors enfuis vers la Turquie avec leurs enfants, dont certains ont des problèmes de santé.

Istanbul, novembre 2014

Ali, Fahima et leurs quatre enfants sont en Turquie depuis juillet 2013. En Syrie, Ali a été aide-ingénieur pendant 23 ans. Aujourd’hui, il met à profit ses connaissances pour pouvoir travailler dans la société turque : bricolage, plomberie, carrelage, sont devenus son quotidien à Istanbul. « J’ai heureusement un boulot régulier, mais je dois travailler jusqu’à 15h par jour… Je travaille pour deux, car ma femme ne peut plus travailler actuellement. Elle avait commencé à travailler dans une usine d’emballages de vêtements mais à cause de problèmes de santé, elle ne peut plus rester debout toute la journée. »

En attendant leur voyage en Belgique, Fahima continue de gérer la maisonnée, et s’occupe des problèmes de santé de ses enfants. L’aînée (15 ans) souffre en effet de rhumatismes depuis sa naissance, mais son traitement a dû être arrêté faute de budget. Le petit dernier quant à lui souffre d’asthme. 

© Fedasil

Les enfants ne vont pas à l’école et s’occupent tant bien que mal. La plus jeune des filles aime cuisiner et aide pour préparer les repas. L’aînée aime la musique et voudrait continuer à apprendre le violon ; elle est particulièrement motivée pour apprendre des nouvelles langues. La seconde fille partage la passion de son père pour le dessin et la calligraphie. À l’école, les trois filles ont appris à écrire en arabe, mais connaissent aussi l’alphabet anglais ainsi que quelques mots. Entre eux, les membres de la famille Osman parlent indifféremment l’arabe et le kurmanji. 

Comme pour les autres familles, les Osman attendent avec impatience leur voyage en Belgique : ils vont pouvoir retrouver la sœur de Fahima et son mari qui habitent déjà en Belgique dans la région de Liège. En outre, le fait que les enfants reprendront l’école et pourront être soignés pour leurs problèmes de santé constitue pour les deux parents une grande source de soulagement.