Récit de Syriens - Famille Maher

La famille Maher vient de la ville d’Alep et est d’origine kurde. Ils ont fui la ville en raison de la montée des violences et des conditions de vie impossibles. Après un séjour en province, et par crainte des milices islamistes, ils ont quitté la Syrie et se sont réfugiés en Turquie.

Istanbul, novembre 2014

Depuis 8 mois, Mohammed, Soulin et leurs quatre enfants essaient de se débrouiller avec ce que la ville d’Istanbul a à leur offrir. Mohammed confectionne des habits dans une petite manufacture qui emploie des Syriens.

Mohammed : « Mon salaire n’est pas élevé comme pourrait l’être celui d’un Turc. Les Syriens peuvent obtenir un boulot, comme je l’ai fait, mais ils sont sous-payés. Pour exemple, je reçois 800 livres turques (environ 300 €), alors qu’un Turc en recevra 2.000 (environ 700 €) pour le même travail. De plus, la vie à Istanbul reste assez chère, et nous devons tout faire avec moins d’argent. »

Ils vivent depuis quelques mois dans un appartement, qu’ils doivent partager avec deux autres personnes. « On ne pourrait pas faire autrement », explique Soulin. « Il y a une trop grande différence entre le loyer qui s’élève à 1.000 livres turques, et ce qu’un réfugié gagne en travaillant. Alors nous devons partager avec d’autres personnes actives. Mais l’appartement ne vaut pas un loyer aussi élevé. Par exemple, il n’y a pas de chauffage central et nous avons dû acheter des petits chauffages d’appoint. Il s’agit simplement des logements que les Turcs ne veulent pas habiter… »

Soulin avait également commencé à travailler dans la même manufacture que son mari mais les problèmes de santé de ses enfants l’ont contrainte à rester à la maison pour s’occuper d’eux.

Soulin : « L’une de mes filles a des problèmes cardiaques, et doit aller régulièrement à l’hôpital. Mes filles et moi-même avons subi les séquelles du froid, et souffrons aujourd’hui de douleurs dans les articulations. Deux de mes enfants ont d’importants problèmes de vue. Pour certains, une opération devient nécessaire. »

Depuis leur fuite, les enfants ne vont plus à l’école. Cela fait un an et demi que les deux aînées (11 et 7 ans) n’ont plus été scolarisées – les deux derniers étant trop jeunes pour être rentrés à l’école à l’époque. Les deux aînées parlent et écrivent en arabe, mais connaissent également l’alphabet en anglais ainsi que quelques mots.

Tout comme les autres réfugiés, la famille Maher sera soulagée que leurs enfants puissent reprendre ou commencer l’école en Belgique. Mais leur priorité sera de soigner les problèmes de santé les plus urgents. Enfin, quand ils se seront bien installés, les Maher seront heureux de retrouver les membres de leur famille qui ont migré vers l’Allemagne.